Le peuple Múlúba se considère comme faisant partie de la seconde catégorie qu’il a pour ancêtre commun Banza Mijibu. En l’absence de preuves écrites, il est impossible de dater l’époque de son existence. Il ne faut pas confondre le personnage de « Banza Mijibu », qui était à la fois prêtre et devin de la cour de Nkumwimba Nkongolo Mwamba, avec Banza Mijibu, l’ancêtre fondateur du Buluba. Par conséquent, nous désignerons cet aïeul sous le nom de « Banza Mijibu Ier », ce qui nous permettra de le distinguer des autres personnes qui ont porté ce titre royal. Selon les informations scientifiques actuellement accessibles, la mutation vers l’ethnie humaine socioethnique chez les Buluba s’était déjà produite bien avant l’an 10 000 av. J.-C. Les documents historiques démontrent que les Baluba ont élu domicile dans la région du Buluba il y a environ 8000 ans. Cela coïncide avec le début de leur passé ancestral, c’est-à-dire la période de la sédentarisation.
Les anciens nous disent que l’identité kiluba, historiquement parlant, commence avec Banza Mijibu I. Historiquement, parti de la région du lac Boya (territoire de Kabongo) se dirigea vers le village de Kashie Ukulu (qui existe encore à Kabongo entre Kamunza et Kitenge). De là, il se serait rendu au mont Puwe où il rencontra une famille dont le père s’appelait Kishimbila Kyuma. Celui-ci avait sa fille qui s’appelait Nyembo Kaswile Yumba, communément appelée Ma Nyembo. Banza Mijibu s’éprit alors de la fille et lui demanda sa main. Quelques temps après, Kishimbila Kyuma partit avec la mère et ne revinrent plus. C’est ainsi que Banza Mijibu I et sa nouvelle femme décidèrent de rester à Mulombi . De cette union naquirent six enfants : Kalù.ba Nganga, Kalanga Ngoyi, Kibawa Ilunga Mupemba Nkunda, Yangala Milumbu, Kayuba Nkulu et Kalunda Mutombo . Il est crucial de noter que l’hypothèse selon laquelle les Baluba modernes seraient les descendants de six clans distincts a été recueillie pour la première fois en 1954 par Benoît Mbuya (Avermaet & Mbuya, 1954 : 376). Cependant, il semble que Mbuya n’ait pas pu terminer ses recherches. C’est sous l’ère de Banza Mijibu et de ses fils que l’histoire kiluba, maintenant fiable et vérifiable, ainsi que la dénomination de leur territoire, Buluba, ont été établies en même temps. C’est par le biais de leurs descendants que la future nation kiluba s’est formée.
Les informations qui suivent ont été fournies par Kitobo Kazadi Mwamba Senga, résident du village de Mbaya, le 26 avril 2022. Mbaya est un village situé dans le territoire de Kabongo, voisin du village de Mpasu. Pour en savoir plus sur l’origine ethnique du peuple Múlúba, nous avons interrogé plusieurs personnes âgées. Leurs témoignages confirment ceux de Kitobo Kazadi Mwamba Senga, mais trois anciens du village de Kako ont également partagé une version légèrement différente. Voici un résumé des informations collectées auprès de plusieurs personnes âgées sur l’origine ethnique du peuple Múlúba.
Le mont Puwe et le village de Mulombi sont les points de départ géographiques des Baluba d’aujourd’hui. Ces lieux existent encore et c’est à partir de cette région que les premières vagues de migration ont permis aux Baluba de s’installer sur des terres inexplorées, qui formeront plus tard leur patrie actuelle, le Buluba. Les mouvements migratoires et les campagnes militaires des Baluba se sont étendus de l’antiquité (vers l’an 8 000 avant notre ère) jusqu’en 1830. Voici un résumé de la manière dont les Baluba ont migré vers le Buluba, selon la tradition orale.
Kalu.ba Nganga : Kalù.ba Nganga, l’aîné des enfants, succéda à son père et devint le chef du clan. Il resta à Mulombi. Après sa mort, plusieurs descendants de cette figure historique quittèrent Mulombi pour s’installer sur les plaines actuelles du secteur de Badia, dans le territoire de Malemba Nkulu. Ils choisirent cet endroit comme lieu permanent de résidence. Des générations plus tard, les Baluba Kalanga s’installèrent à leur tour dans cette région après que Nkongolo Mwamba eut disparu. Il est crucial de souligner que ces Baluba n’ont pas réellement conclu des unions matrimoniales avec les communautés extérieures aux Baluba. Leur kiluba a su conserver son authenticité. Cela explique pourquoi la toute première version de la Bible en kiluba a été élaborée à partir du dialecte de Malemba Nkulu et plus précisément à Kayumba.
Kalanga Ngoyi : Après la disparition de son père, l’ancêtre Kalanga Ngoyi décida de quitter sa terre natale. Il emmena avec lui ses trois premiers enfants et se dirigea vers la région actuelle du territoire de Kabongo. Ils s’établirent d’abord à Buleya, puis poursuivirent leur chemin jusqu’aux rives du lac Boya. Là, ils fondèrent un village qui deviendra plus tard connu sous le nom de Bulanda à l’époque de l’empire. Le fils aîné de Kalanga Ngoyi resta à Buleya et donna naissance à la lignée des bene Mbayo. C’est de cette lignée que Monga Muleya Kahata, le géniteur de Nkumwimba Nkongolo Mwamba, est originaire.
Après leur installation à Kabongo, Kalanga et sa progéniture ont connu une expansion remarquable de leur population. Celle-ci s’est accrue au point que les Baluba Kalanga ont peuplé tout l’espace entre la rivière Lomami et le fleuve Lwalaba, et qu’ils ont atteint le territoire de Bukama. Les Baluba Kalanga ne connurent pas seulement une croissance démographique, mais aussi une évolution sociopolitique. En effet, Patrick Kalenga a mis en évidence le fait que les Kalanga avaient établi le royaume de Bukalanga dès le 5e siècle avant notre ère. Ils ont connu plusieurs chefs respectés et renommés, dont le dernier était Kalenga Masanza Mamba. Ce dernier a été le premier à concevoir un projet d’unification politique de tous les Baluba, mais il n’a pas réussi à le mener à bien. Son neveu, Nkongolo Mwamba, a poursuivi son œuvre en posant les premiers jalons de cette unification. Cette dernière a finalement mis fin au royaume de Bukalanga. Des années plus tard, un homme originaire du peuple Baluba Nkunda, Ilunga Mbidi Kiluwe, se rendit à Mwibele et épousa la sœur de Nkongolo Mwamba. De cette union naquit un fils, Ilunga Misaha, mieux connu sous le nom de Kalala Ilunga. À l’âge adulte, il parvint à conquérir le pouvoir à Mwibele.
Les notables Kalanga se réunirent en secret pour débattre de la réponse à apporter à la mort récente du chef Nkongolo Mwamba. Deux positions émergèrent : certains voulaient se lancer dans une guerre contre Kalala Ilunga, un Mukunda, tandis que d’autres privilégiaient la soumission et la défaite. Cependant, la première option gagna rapidement en popularité parmi les notables qui ne souhaitaient pas la guerre. Par conséquent, une portion considérable des Baluba Kalanga qui s’opposaient à la guerre décidèrent de quitter Mwibele. Il y eut trois groupes :
Le premier groupe se dirigea vers le sud jusqu’à arriver dans la région du territoire de Nkinda et du lac Samba. Une fois sur place, ils fondèrent le royaume de Samba, qui ne fut dissous qu’en 1905. Ils établirent la tribu des Baluba Samba. Certains décidèrent de rester dans la région de Nkinda, tandis que d’autres continuèrent leur chemin jusqu’au territoire de Kambove (province du Haut-Katanga) et dans la province du Lwalaba. Ils devinrent les Baluba Kaonde. Certains se rendront chez les Lunda et en Zambie, s’établissant dans le nord de ce pays, où ils sont connus sous le nom de Kaonde, tandis que d’autres iront à Ibenga et à Dola. Les Baluba Kalanga, qui ont continué de vivre dans la région du peuple lunda, ont contribué à l’expansion de l’empire lunda. Ils le percevaient comme une expansion et un prolongement de leur propre empire, l’empire Kiluba. On compte plusieurs Baluba qui ont participé à la conquête territoriale de cet empire (Lunda). Le cas le plus frappant est celui de Kasongo — Mputu, un Múlúba qui a fondé le royaume de Kasongo — Lunda dans la région actuelle de la province de Kwango. Kasongo, le guerrier devenu chef dans le Kwango, a fait venir plusieurs centaines de Baluba Kalanga. Ces derniers épouseront les jeunes filles autochtones de la région conquise, donnant ainsi naissance à l’ethnie des Bayaka.
Un second groupe quitta Mwibele pour se diriger vers l’ouest, franchissant la rivière Lomami et s’établissant dans la région actuelle du sud Kabinda, dans la province de Lomami. C’est à cet endroit qu’ils fondèrent la tribu des Baluba Lubangule. Quelques Baluba continuèrent leur route jusqu’au Sankuru.
Le troisième groupe se dirigea vers le nord-est et marcha jusqu’au territoire de Kabalo. Une partie de ses membres s’y établit, tandis que l’autre se rendit à Manono, où elle fonda la chefferie des Bakongolo. Le troisième groupe se dirigea vers la région de Butombe, dans le territoire de Malemba Nkulu, mais décida finalement de s’installer sur le territoire des Baluba Nkulu. À Mwibele Ntanda, Kalala Ilunga affronta les Baluba Kalanga, qui remettaient en question son autorité.
Pour consolider sa position, il fit venir de Membe, la capitale de son père, plusieurs Baluba Nkunda, dont la teinture était foncée, tandis que les Baluba Kalanga avaient la peau claire. Cependant, certains d’entre eux résistèrent et s’engagèrent dans des batailles féroces contre Kalala Ilunga et ses alliés Nkunda. Les Kalanga perdurent la guerre, ce qui a entrainé un exode massif des Baluba Kalanga de la zone vers l’asile. Cela a aussi entrainé l’arrivée de plusieurs Nkunda dans le domaine des Baluba Kalanga. Il y a eu des mariages excessifs avec les Baluba d’outre Lwalaba, ce qui a fait que les Baluba Kalanga ont commencé à se foncer progressivement. Il ne reste plus aujourd’hui qu’environ quelques centaines de milliers de Baluba Kalanga à la peau claire.
En l’an 808, Kalala Ilunga, fraîchement accédé au pouvoir, entreprit une expédition militaire pour agrandir son empire vers le nord. Ses campagnes militaires culminèrent avec la conquête de la province de Maniema. Ce qui rend cette campagne mémorable, c’est que Kalala Ilunga décida d’envoyer des guerriers Kalanga au nord-est et dans le Grand Nord pour écraser les rébellions répétées des guerriers et soldats Kalanga. Ainsi, une vague de Baluba Kalanga s’installa dans ces régions. Ces individus ont noué des alliances avec les femmes autochtones, donnant ainsi naissance aux Aluba actuels du Maniema. Certains se sont installés près des Baluba Wangenia. Ces groupes étaient déjà installés dans cette région avant l’arrivée des Rega. Une partie des Bangu — Bangu, qui se compose de Baluba authentiques, tandis que d’autres clans de Bangu — Bangu sont le résultat de mélanges entre les Baluba Kalanga, Nkunda et les Rega, ainsi que d’autres populations soumises et dominées par les Baluba.
Entre 810 et 850, sous la pression des troupes de Nkunda menées par Bumbwe Mbidi, le frère cadet de Mbidi Kiluwe, les Baluba Kalanga ont abandonné la région de Bukama pour suivre le cours de la rivière Lwalaba jusqu’au Maniema. Une partie de ce groupe s’est installée là-bas, tandis qu’une autre a continué vers le sud-Kivu, donnant ainsi naissance aux Bavira. En 1998, certains Bavira décidèrent de retourner dans leur terre d’origine, les Buluba, en particulier la ville de Kabongo. Toutefois, l’accueil réservé par le chef Mulopwe Edouard Kakuha Dilenge, connu sous le nom de Kabongo IV, fut plutôt méprisant. Quelques-uns d’entre eux, remplis de colère et de tristesse, regagnèrent Uvira. Quelques jeunes décidèrent de rester à Lubyai avant de se disperser sur le territoire de Kabongo.
En l’an 1230, les Baluba Kalanga, poussés par leur désir d’expansion territoriale, se dirigèrent vers la province de Maniema. Cette fois-ci, une partie du peuple s’installa sur le territoire de Kabambaré, alors qu’un autre groupe partit s’établir sur la presqu’île d’Ubwiri, au sud-Kivu. Les Baluba Kalanga, fraîchement arrivés, se sont principalement établis dans le territoire de Kasongo.
En 1500, un nouveau groupe de Baluba, originaires de Baluba Kalanga, a quitté la région de Lwabo pour se diriger vers le sud, en franchissant les frontières, à la recherche des premiers Baluba au nord de la Zambie. Certains restèrent une fois de plus à Kambove, chez les Baluba Kaonde, tandis que d’autres allèrent jusqu’au nord de la Zambie. De la même manière, les Baluba ba Nkongolo se séparèrent en deux groupes distincts. L’un d’entre eux décida de rester dans la région du territoire de Manono, tandis que l’autre s’aventura dans la nation Baluba Nkunda pour finalement rejoindre les Baushi. Une section se fixa sur place, tandis qu’une autre poursuivit sa route jusqu’au Malawi, donnant ainsi naissance aux Phiri.
Finalement, en 1805, lorsque Ilunga Kabale II accéda au pouvoir, il reprit le chemin du nord et y conquit de nouvelles terres. Cette fois, il fonda le royaume de Buki, dont la capitale se trouvait sur le territoire de Kongolo. C’est vers 1830 que l’immigration des Baluba Kalanga vers le nord prit fin.
Kibawa Ilunga Nkunda, l’ancêtre des Baluba Nkunda quitta Mulombi et suivit le fleuve Lwalaba jusqu’à la forêt de Manwema (qui est souvent confondue avec la province de Maniema). C’est pourquoi certains écrivains, comme Crine-Mavar, ont écrit que les Nkunda venaient de Maniema. Ils avaient tort, car Manwema était une forêt située dans les provinces du Tanganyika, de Maniema et même du Kivu, et n’avait rien à voir avec la province actuelle de Maniema. Malheureusement, c’est toujours cette thèse de Crine-Mavar qui est citée à propos de l’origine des Baluba Nkunda, alors qu’elle repose sur une confusion lexicale entre les vocables Manwema et Maniema). Après avoir quitté Mulombi, Kibawa Ilunga Nkunda et sa famille s’installèrent à Manwema. Une fois qu’il eut beaucoup de descendants, ceux-ci commencèrent à émigrer vers le sud. Certains anciens postulent qu’ils voulaient retourner à Mulombi, mais, après avoir vécu plusieurs années à Manwema, ils ont perdu le chemin et ils se sont installés dans une belle plaine qui va de Manono à Pweto et Kasenga en passant par Moba. C’est ainsi qu’ils ont fondé le royaume de Buhémba et établi leur capitale politique à Membe.
À partir de ce moment-là, les Baluba Nkunda vont déclencher un véritable exode ou une migration. Les raisons sont multiples et ces déplacements n’ont pas été coordonnés, à l’exception de quelques-uns visant un objectif militaire. Les vagues de Baluba Nkunda étaient complexes. Elles se produisaient en groupes importants, en petits groupes ou même de manière individuelle. Ainsi, la princesse Kamania entreprit un long périple vers le sud. Elle est restée gravée dans la mémoire collective, certains auteurs tentant même d’expliquer l’origine de Nkunda à travers cette princesse.
Au cours du neuvième siècle, d’autres mouvements migratoires eurent lieu. C’est le cas des Baluba Nkunda, qui traversèrent le fleuve et s’installèrent sur le territoire de Museka, fondant la chefferie de Museka actuelle. D’autres, comme Bumbwe Mbidi, s’établirent sur la plaine des Baluba Kalanga dans le territoire de Bukama, et plus précisément dans la chefferie de Kinkondja. Il engagera un conflit acharné contre les Kalanga, les vaincra, mais ils poursuivront le combat. La plupart des Baluba remettent en question la légitimité du royaume de Kinkondja. C’est pourquoi des personnes âgées de cette région affirment que ce sont les Belges qui l’ont établi et qui le perçoivent comme un envahisseur.
Les vagues successives de migration donneront naissance aux Baluba de Butumba, Kinkondja, Lubudi, Kasenga, Moba, Mitwaba, Pweto, Mutshatsha, Kalemie, Manono et Kayembe Mukulu. L’immigration des Baluba Nkunda entraînera de nombreuses ramifications. Quelques-uns s’établiront en cours de route et deviendront des sous-tribus Baluba. C’est aussi le cas pour les Baluba ba Kayembe Mukulu dans le territoire actuel de Sandoa. Ils descendent de Kibinda Umpemba, le frère cadet d’Ilunga Mbidi Kiluwe. Il se rendait chez les Aruund, mais en chemin, il rencontra et épousa une femme nommée Kapuku, originaire des Ampimin. De cette union naquit un fils, Makonga. Ce dernier devint plus tard connu sous le nom de Kayembe Mukulu. Sa progéniture forme depuis une sous-tribu des Bakunda, issue du père de Makonga. Les descendants de cette famille ont finalement compris qu’ils constituaient une unité distincte : la tribu des bene Kayembe Mukulu. Après le retour des enfants de Kibawa Ilunga Nkunda, émergèrent Kanyama et Ina-Kiluba, ancêtres des Baluba Sanga, dont l’histoire sera abordée dans un futur article. Par extension, ils donnèrent également naissance aux Baluba Zela. Ces communautés ont obtenu leur indépendance bien avant le dixième siècle, ce qui peut être décevant pour ceux qui se sont forgé une identité tribale (à ne pas confondre avec une identité ethnique) et qui apprennent qu’ils sont en réalité des Baluba.
Milumbu : Les descendants de Milumbu partirent de Mulombi en deux groupes. L’un d’eux se dirigea vers le nord et s’établit dans la région correspondant au territoire actuel de Nyunzu. C’est à partir de cette région qu’ils commenceront à se répandre vers les régions d’Ankoro, de Manono, de Kalemie, de Kabalo et de Kongolo. Le groupe suivant se dirigea vers le sud et s’établit initialement dans la région du territoire de Lubudi, dans la province de Lwalaba. Plusieurs siècles plus tard, au XIIIe siècle, une faction des Baluba Milumbu quitta Manono et Ankoro pour se diriger vers le sud, occupant les terres de Mutshatsha et Lubudi. Ensemble, ils fondèrent un royaume. Une partie d’entre eux poursuivit sa route jusqu’en Angola, où ils devinrent des Pende. D’autres groupes se dirigèrent ensuite vers les régions du Congo, plus précisément vers le territoire de Gungu. Ils vont s’entendre dans d’autres territoires appartenant à l’aire culturelle pende, qui se trouve aujourd’hui dans la province du Bandundu, et à Tshikapa, dans la province du Kasaï occidental. Contrairement à tous les autres membres du groupe Baluba, ceux que l’on appelle communément « Baluba-Pende » ont subi une évolution sociale si radicale qu’ils ne partagent plus aucune culture commune avec les Kiluba. Ils se perçoivent désormais comme un peuple distinct, ayant rompu tout lien de parenté avec les Baluba.
Kayumba Nkulu : les descendants de Kayumba ont quitté Mulombi pour s’installer sur le territoire de la chefferie de Kayumba. Plus tard, leur lignée donna naissance à la dynastie royale de Kayumba, qui survécut aux vicissitudes de l’histoire impériale. Il est important de noter que les Bitobo, qui sont des devins et des prêtres sacrificateurs, sont issus du peuple Baluba Kayumba. On y rencontre le Grand Prêtre Nkulu wa Manyinga, qui fait partie des descendants de Kayumba. On peut trouver ces Baluba à Kamina, Malemba Nkulu, Mulongo, Museka et Kayuba. Selon la tradition, il fut le premier Múlúba à avoir deux épouses, et on lui attribue également l’introduction de la polygamie dans la société kiluba. Selon la tradition, un jour, alors que Kayuba Nkulu rentrait des champs, il entendit une voix douce et harmonieuse. Il commença à la suivre. Il suivit la voix et découvrit une jeune fille perchée sur une termitière noire. Elle se nomma Kalenga. Lorsqu’il l’interrogea sur son origine, elle répondit qu’elle venait de Kuhona Dyuba, à l’ouest, là où le soleil se couche. Elle avait donc atteint les rives de la Lomami. Elle confia qu’elle avait quitté son domicile pour échapper à un projet de mariage forcé avec un homme qu’elle ne voulait pas. Elle avait également quitté sa ville natale pour retrouver sa liberté. Kayumba Nkulu proposa à Kalenga de se rendre chez lui. Kalenga accepta. Peu de temps après, ils tombèrent amoureux l’un de l’autre, et Kalenga accepta de devenir l’épouse de Kayumba. Pour cette raison, la polygamie a commencé chez les Baluba.
Kalunda Mutombo : tout comme ses frères, il quitta Mulombi et se dirigea vers l’ouest. Il est l’ancêtre de la tribu Baluba ba Mutombo Mukulu. Il découvrit une région inexplorée, puis retourna à Mulombi et réussit à rallier des partisans prêts à l’accompagner pour s’emparer enfin des terres libres qu’il venait de découvrir. Certains de ses partisans n’appartenaient pas à sa famille, mais ils étaient les frères de ses frères. Pour se distinguer, il exige que ses descendants et ses proches blanchissent leurs dents. À partir de ce moment-là, ils sont désignés sous le nom de Basonge Meno ou simplement Basonge. Cette tendance s’est également propagée chez les Baluba Kalanga, comme l’a fait Nkongolo Mwamba. C’est grâce à cette pratique de limage de dents que Nkongolo Mwamba et certains clans des Baluba Kalunda ou Ba Mutombo Mukulu sont désormais connus sous le nom de « Basonge ». Dans le territoire de Kanyama, il n’y a pas d’ethnie songe au sens des Basonge du Lomami.
Kabwende Kyéngé Kisoke,
Historien & Ethnologue,
Spécialiste des antiquités et ethnologies africaines,
Chercheur, essayiste et panafricain,
Bruxelles, 20 septembre 2025.




2 Replies to “MIGRATION ET LA DISPERSION DES BALUBA DANS LE BULUBA ET EN AFRIQUE : DE L’ANTIQUITE A 1830”
Ndaye, décembre 8, 2025
Can we please get Kiluba lessons because I cannot find a way to learn Kiluba anywhere
Ndaye, décembre 17, 2025
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